« Je suis l’Éternel, votre D.ieu. »

Il existe une tendance tout humaine à mettre la responsabilité de nos problèmes, de nos erreurs et de nos échecs sur la terre entière sauf sur nous-mêmes : « Si seulement j’avais grandi avec des parents plus aimants, j’aurais plus d’estime de moi… » « Si mon professeur ne m’avait pas fait honte en CE1, je n’aurais jamais fini comme ça… ».

Le don de la Torah au Sinaï fut un événement monumental. D.ieu s’est révélé ! D.ieu Lui-même est apparu à des millions de personnes et a déclaré : « Je suis l’Éternel, votre D.ieu. » Pas de place pour le doute ou l’ambiguïté : ce fut l’accomplissement du souhait : « Si seulement D.ieu me disait qu’Il existe… » auquel nous rêvons tous.

Mais la suite du rêve que nous avons tous également : « … alors je ne ferais jamais rien de mal ! », ne s’est pas concrétisée. Quelques jours à peine après cette expérience extraordinaire, les Juifs ont succombé. Effrayés à l’idée que Moïse les ait abandonnés, ils créèrent un veau d’or et commencèrent à l’adorer. Oublié, le « Tu ne servir point d’autres dieux » qu’ils venaient d’entendre de la voix du Tout Puissant. Oubliées la certitude et la conviction intense avec laquelle ils avaient été remplis. Ils étaient les mêmes êtres humains faillibles avec des doutes et des tentations comme toujours, et ils ont échoué.

Car, au bout du compte, personne d’autre que nous n’est en mesure de changer nos vies. Tout comme le don de la Torah ne pouvait pas empêcher les Juifs de pécher, de meilleurs parents, enseignants, amis ou conditions financières ne le peuvent pas non plus. C’est nous, et nous seuls, qui sommes les créateurs de notre destin. Nous avons reçu le libre arbitre.

Lorsqu’il était enfant, un célèbre sage juif vit sa maison partir en flammes dans un incendie. Alors qu’il se tenait à côté de sa mère qui regardait les derniers vestiges de leur maison réduite en cendres, il vit qu’elle pleurait, inconsolable. « Notre arbre généalogique ! S’exclamait-elle encore et encore. Le livre qui retrace notre belle lignée ! Il est perdu à tout jamais. » Le petit garçon consola sa mère en déclarant : « Ne t’inquiète pas pour ce livre. Je vais établir un nouvel arbre. Je serais à l’origine d’une nouvelle lignée dont vous pourrez être fiers. »

Laissons de côté le « si seulement j’avais eu… ». Ne regardons pas en arrière vers « ce qui aurait pu être », mais plutôt de l’avant vers « ce qui doit être ». « Ce qui aurait pu être » n’aurait rien changé de toute façon. « Ce qui sera » est entre nos mains !