Les discours du Président

Dr Fabrice LORIN, Président de l’ACIM

Discours du 11 novembre 2019

Mes chers amis

« La guerre, je vois des ruines, de la boue, des files d’hommes fourbus, des bistrots où l’on se bat pour des litres de vin, des gendarmes aux aguets, des troncs d’arbres déchiquetés et des croix de bois, des croix, des croix… »

Ce passage est extrait du célèbre livre de Roland Dorgelès « Les Croix de bois ». Dorgelès fut parfois ambigu mais n’oublions pas qu’ il reçut chez lui des réfractaires et des Juifs en 43-44  et son épouse était juive. 

La cérémonie du 11 novembre est l’occasion d’ouvrir notre questionnement. Cent ans après, nous pouvons nous interroger sur l’implication des juifs dans la première guerre mondiale. Autant la seconde guerre mondiale est un massacre univoque des juifs, autant la 1ère guerre mondiale voit des juifs français et des juifs allemands s’affronter de part et d’autres des tranchées.

La guerre 14-18 fut une guerre fratricide mais pourquoi ?

Dès lors nous avons trois questions :

1 Quel fut l’engagement des juifs français et allemands dans la première guerre mondiale ?

2 Pourquoi se sont-ils autant engagés dans des camps nationalistes et opposés?

3 Quelles leçons de l’Histoire pouvons-nous tirer pour notre présent et notre futur?

  1. L’engagement des juifs dans la guerre 14-18 :

Lorsque l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914, les Juifs allemands et français s’engagent sans réserve dans ce premier conflit mondial. Les Juifs supportent l’épreuve de la guerre et soutiennent la cause sacrée de la nation de la même manière que leurs compatriotes respectifs.

96.000 Juifs allemands sont mobilisés, sur 480.000 âmes que compte la communauté juive allemande en 1914. En France 35.000 soldats juifs sont mobilisés sur une communauté qui en compte à peine 185.000. Plus de 4.650 d’entre eux seront tués.

Les Juifs de France sont déterminés à témoigner de leur appartenance à la Nation par leur patriotisme. Ils veulent faire honneur à la citoyenneté française obtenue en 1791 grâce à Mirabeau et l’abbé Grégoire 

Cette guerre est surtout considérée comme l’apothéose de leur émancipation. Chacun veut affirmer son intégration et sa loyauté pour la patrie. Au risque de sa vie. Quelle meilleure façon de prouver son attachement à la nation qu’en versant son sang pour celle-ci !

Sigmund Freud écrit en 1914 au Dr Karl Abraham son ami médecin berlinois : « c’est la première fois depuis 30 ans que je me sens autrichien. J’aimerai que cet empire ait une dernière chance. Le moral est partout excellent. Le ferme soutien de l’Allemagne contribue beaucoup à l’enthousiasme de l’opinion publique ». Freud fut un génial découvreur mais son analyse politique resta très classique et conformiste.

Quatre destins vont illustrer mon propos :

Tout d’abord Le grand rabbin de Lyon Abraham Bloch il meurt au champ d’honneur le 29 août 1914 et il devient  l’image mythique du patriotisme des Juifs français et de l’Union sacrée

Le lieutenant-colonel Alfred Dreyfus reprend du service à l’âge de 55 ans à l’état-major de l’artillerie de Paris puis à la 168e division, il est un officier comme les autres. Il prend notamment part aux combats du Chemin des Dames, au printemps 1917, puis autour de Verdun, au cours des mois de janvier et de février suivants. Il aura une promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur en juillet 1919, sur décision du président Clemenceau.  Le 4 octobre 2019,  J’accuse, le nouveau film de Roman Polanski a été projeté à l’École Militaire Paris 7ème, devant tout l’Etat-major de l’armée française, à l’endroit même où le capitaine a été dégradé pour haute trahison en 1895. 

Le Dr Robert Debré fondateur de la pédiatrie et des CHU français, fils du grand rabbin Simon Debré, est médecin-lieutenant dans un régiment d’artillerie.  Il sert à Verdun, il a été cité et décoré. Il est le père de Michel Debré, et le grand-père de Jean-Louis et Bernard Debré. Son ancêtre Jacques vient de Bavière et il a transformé son nom Anschel en Debré. Il a crypté le nom Debré d’apparence francophone mais qui en hébreu signifie « porteur de la parole », (parler ledaber). Chez les Debré, on retrouve ce que disait Raymond Aron, « si on est juif de France, on défend la France ».

Le Dr Aaron Mallah est médecin militaire pendant toute la guerre, mais en 1924 le Préfet de police de Paris émet encore un avis défavorable  à sa naturalisation qui se fera sur décision du ministère de la justice. Il est le grand-père maternel du Président Nicolas Sarkozy.

  • Malgré cet engagement patriotique, on constate La montée inexorable de l’antisémitisme :

En 1914 , la France sort de l’affaire Dreyfus qui a été réhabilité en 1906. Mais dès 1917, de nouveaux thèmes nourrissent l’antisémitisme : le Juif est un espion qui sert d’autres maîtres les Allemands les bolchéviques ou les alliés américains. En Allemagne les Juifs deviennent très vite les responsables de tous les problèmes économiques auxquels doit faire face l’Allemagne en guerre. L’effort de guerre coute très cher.

Si  les juifs français et allemands s’engagent pour contrer l’antisémitisme, disons-le c’est un échec total.

La shoah le prouvera 20 ans plus tard.

  • Quelles leçons retenir de l’Histoire ?

L’antisémitisme est malheureusement quelque chose de plus grand que nous, de plus puissant que nous, de plus durable que nous.

Cent ans plus tard l’Histoire revient avec son pas lourd. 

L’assimilation n’est pas la solution car l’antisémite retrouvera toujours notre identité à travers nos origines, à travers notre morphologie, notre nom, notre prénom, nos parents, nos grands-parents, notre métier, notre curiosité, nos gènes et que sais-je encore ? Les juifs français et allemands voulaient s’assimiler mais le retour du refoulé, le retour de la bête du Quaternaire, de la bête humaine  a resurgi inexorable.

Comme maintenant.

Dans notre rapport à la République, l’intégration est la seule téléologie possible. La seule finalité. L’intégration oui, l’assimilation non. Se fondre dans la République jusqu’à dissoudre notre identité ne nous sauvera pas. Cette position est exactement celle des penseurs juifs de l’Ecole de Paris, Emmanuel Levinas, André Neher et Léon Askénazi.

Dès lors pour lutter contre l’antisémitisme il nous faut convertir les cœurs et les esprits, et nous serons toujours des partenaires loyaux dans cet effort.

Car personne n’est une île. Personne n’est un tout en soi. Aucun peuple n’est une île. Sinon il est voué à disparaitre…

Aucun continent n’est une île.

Ceci est une adresse à tous ceux qui prônent le repli sur soi et l’entre-soi. Nous sommes liés par quelque chose d’infiniment supérieur et qui nous dépasse

Un vieux poème anglais du 16ème siècle de John Donne le dit bien mieux que moi, (et ironiquement il anticipe de 400 ans le Brexit)  :

Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi

Tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble

Si la mer emporte une motte de terre

L’Europe en est amoindrie

Comme si les flots avaient emporté un promontoire

Le manoir de tes amis ou le tien

La mort de tout homme me diminue

Parce que j’appartiens au genre humain 

Je vous remercie de votre attention

Shabbat shalom mes amis

Discours de Kippour 5780

Mes chers amis

Quel plaisir de vous voir aussi nombreux pour notre prière commune dans ce merveilleux moment.

Comme chaque année c’est avec bonheur que nous nous retrouvons pour Kippour, célébration du pardon et de la réconciliation, de l’ introspection et des bonnes résolutions ; avant de partager prochainement la précarité sous la Souccah, puis célébrer l’universalité de la Loi avec Sim’ha Torah

  1. Les juifs dans la Cité:

La Tradition veut que le jour de Kippour, notre fête la plus sainte et la plus solennelle de l’année,  les représentants du pouvoir politique nous honorent de leur présence. Cette visite offre l’opportunité de réfléchir à notre relation avec le pouvoir politique en diaspora.

Au moyen-âge dans chaque grande ville, il y avait 2 quartiers juifs car la protection des juifs était double : protection par le Seigneur et protection par l’Eglise catholique. Protection du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel.  

Au 21ème siècle en France, et il n’y a plus qu’un seul pouvoir : le pouvoir temporel que ce pouvoir est dorénavant exercé par les politiques. Nous sommes dorénavant sous leur seule et unique protection.

Au cours de l’année passée, nous avons inauguré le square du rabbin Shilli en décembre grâce à le soutien de Philippe Saurel, avec Alain Zylberman président du consistoire régional et la venue de Haïm Korsia Grand Rabbin de France et de Joël Mergui, président du Consistoire.
 

La mairie a effectué de nouveaux travaux archéologiques sur le mikvé médiéval, et nous sommes sensibles à ce qui témoigne de notre passé prestigieux à Montpellier.

Depuis la fondation de la faculté de médecine en 1220, quand le tiers des médecins remarquables étaient juifs : citons Isaac Ben Abraham, Meshulam, Shem Tov Ben Isaac, Profacius,  Jacob Ben Machir ibn Tibbon dit Don Profiat.

Mais à quelques mois d’élections importantes pour Montpellier Métropole, la communauté juive a de profondes attentes à l’égard de nos élus.

En 1808 le Consistoire Central adopta pour devise « Religion et Patrie ». Cette devise signe notre souci d’intégration et notre loyauté à l’égard de la République

Chaque semaine nous faisons la « Prière pour la République » qui nous vient du prophète Jérémie.

Loyaux et parfaitement intégrés, nous avons même réussi à incarner l’Etre Européen, la culture européenne, l’innovation européenne.

Depuis Freud, Einstein, Montaigne à Simone Veil, Rabbi Jacob et Gad El Maleh

Et nous nous inscrivons dans le futur avec le quart des prix Nobel mondiaux, et 20% des prix Nobel français

Nous sommes donc un peuple bien vivant ! Am Israël ‘Hai !

Nous ne vivons pas dans un musée municipal !

Peut-être sommes-nous un peuple fossile, une erreur de l’Histoire, une anomalie civilisationnelle ou un cabinet de curiosité ?

Dès lors notre peuple demande aux politiques une attention particulière sur notre présent et sur notre futur.

Comme le dit Rabbi Na’hman de Braslav : souviens-toi de ton futur !

Les paroles peuvent être fortes, les actes doivent être à niveau. Il est formidable que nos lieux de cultes, notre école juive et nos centres communautaires soient bien protégés. Mais il est inadmissible qu’ils doivent être protégés.

 Depuis 1945, 120 000 juifs ont quitté la France pour Israël. Encore 5000 en 2018. Toulouse a perdu la moitié de sa communauté à la suite de l’attaque en 2012 de Mohamed Merah passant de 20 000 à 11 000 personnes.

Puis-je paraphraser Manuel Valls en disant que

« Montpellier sans les juifs ne serait plus Montpellier »

Et c’est un vieux peuple, d’un vieux continent, d’une vieille civilisation,  un peuple qui a connu les persécutions, l’extermination et la barbarie, un peuple qui demande aujourd’hui aux Elus de la République,

  1. Une attention sur notre sécurité et notre protection
  2. Une attention sur notre patrimoine vivant, nos synagogues, notre école
  3. Une attention sur nos ressources économiques et sur notre développement.

Jean Tenenbaum dans une chanson que vous connaissez et qui fut censurée en 1963 à la radio et TV chantait

Ils étaient vingt et cent

Ils étaient des milliers

Nus et maigres et tremblant

Dans les wagons plombés

Qui déchiraient la nuit

De leurs ongles battants

Ils étaient des milliers

Ils étaient vingt et cent

Jean Ferrat nous dit ensuite:

Combien de tours de roues,

D’arrêts et de départs

Qui n’en finissent pas

De distiller l’espoir 

Mmes et Mrs les Elus, notre peuple est en demande d’espoir, et surtout que l’Histoire ne se répète plus jamais.

  • Les juifs de Montpellier

Montpellier a justement une communauté vivante, variée et très active. Que vous soyez un juif cultuel ou un juif culturel, un orthodoxe, un libéral, un traditionaliste, un athée, la palette des propositions est large.

Mes amis Juif de Kippour,  vous avez une appellation noble qui rappelle que vous gardez votre identité juive malgré la tentation de l’assimilation. Vous êtes là aujourd’hui comme vos ancêtres l’étaient et c’est le plus important. Un jour peut-être deviendrez-vous Baal Teshouva, retournant à la spiritualité comme Franz Rosenzweig le raconte dans son magnifique livre « l’étoile de la Rédemption » Der Stern der Erlösung. Hésitant à se convertir au christianisme, il va à Kippour dans une synagogue de Berlin en 1913.

Alors je vous invite mes amis juifs de Kippour à venir plus souvent nous rejoindre, à participer, à proposer, à innover au sein de notre Communauté. Allez où vous voulez mais venez ! Vous serez toujours les bienvenus parmi nous

  • La Diaspora et Israël :

Dans le cœur de chaque juif de la diaspora, il y a toujours l’amour d’Israël. « L’an prochain à Jérusalem ». Leshana aba beYeroushalayim

Même les juifs libéraux sont devenus sionistes depuis 20 ans.

Oui nous suivons de près l’actualité au Moyen-Orient, le risque de guerre avec l’Iran.  Je suis moi-même médecin volontaire au MDA, les urgences israéliennes, prêt à enfiler mon uniforme et partir dans le premier avion en cas de guerre multifront.

Mais je suis confiant.

Confiant dans la puissance économique, scientifique, humaniste et militaire d’Israël.

Rien n’est insurmontable aujourd’hui.  Nous vivons un monde apparemment incompréhensible d’après les leçons et les codes du passé, mais un monde qui a des capacités de développement et de transformation comme nous n’avons jamais vu dans l’Histoire. 

Nous pouvons transformer et changer le monde 

  • L’identité juive :

En conclusion, le monde progresse, mais face à la menace antisémite,  

N’oublions jamais qui nous sommes ! Faisons de notre singularité une armure et nul ne pourra l’utiliser pour nous blesser !

Le Klal Israël, la communauté des juifs, nous englobe tous dans une communauté de destin et d’appartenance, religieux et non-religieux, en Israël ou en diaspora.

Je vous remercie pour votre présence et votre implication tout au long de cette importante journée de Kippour.

Je remercie le corps rabbinique pour le travail effectué tout au long de l’année et son engagement vers l’excellence.

Je remercie tous les bénévoles qui, chaque jour et dans une grande discrétion, œuvrent au Bien commun.

Et tous mes vœux de Shana Tova pour vous, votre famille et tous ceux qui vous ont chers

Gmar ‘Hatima Tova, que vous soyez inscrits dans le Livre des Justes et dans le Livre de la Vie

Merci infiniment de votre attention 

Discours Rosh haShana 5780

Mes Chers Amis

Les élections de février 2019 m’amènent à rédiger pour la première fois cet éditorial, à l’adresse de toute la communauté juive de Montpellier et je vous en remercie.

Un nouveau bureau a été élu et l’équipe s’est rapidement mise au travail avec plusieurs objectifs: rassembler, sécuriser, fluidifier la circulation intracommunautaire, développer l’économie et développer la démographie.

Pour vivifier notre communauté et l’école juive, nous voulons accompagner l’alyah intérieure. Montpellier a d’immenses atouts pour une famille juive.

En six mois, de nombreuses réalisations ont déjà été effectuées. De multiples articles sur notre communauté de Montpellier paraissent dans Actualité Juive, hebdo à diffusion nationale et internationale. Plusieurs soirées sur des thèmes d’actualité : l’euthanasie, les élections en Israël, la Torah la liberté et la démocratie. Vous avez été plus de 150 à répondre à notre questionnaire-audit sur la Communauté. Dès lors nous avons organisé des repas shabbatiques et un Michté de Pourim remarquable. Le Kiddoush de Shabbat a été rétabli dans les deux synagogues. Les caméras et écrans de sécurité des synagogues ont été remis en fonction. Un audit sécurité par le SPCJ effectué. Un accès pour handicapé spécial Shabbat à Mazal Tov. Nous avons rencontré les responsables politiques de la ville, de la Métropole, du Département et de la Région Occitanie, les responsables des Média, les responsables religieux, catholiques protestants et musulmans. Un hommage au regretté Président Joseph Bensoussan a été un grand moment de rassemblement et de témoignages. Nous développons les partenariats avec le CRIF, le CCJ Simone Veil et l’Institut Maïmonide. Nous soutenons le Salon du livre juif.  Nous poursuivrons l’animation de la communauté dans un souci d’unité.

Le 19 décembre 2018, la place du Rabbin Henri Schilli a été inaugurée grâce au soutien de Philippe Saurel Maire et Président de Montpellier Métropole, d’Alain Zylberman Président du consistoire régional et en présence du Président du consistoire central Joel Mergui, du Grand Rabbin de France Haïm Korsia et du Grand Rabbin Alain Goldmann.

La communauté doit ressentir les effets de ce qui a été promis et des efforts engagés. Du concret et du tangible, avec comme fil directeur la méthode: l’écoute et le dialogue.

Quels sont nos projets ? La mise aux normes électriques et la sécurisation de Ben Zakaï, le site Web de l’ACIM disponible prochainement, la végétalisation des murs de clôture des synagogues, avec le Magen David Adom une formation aux premières « 7 mn » en cas d’attaque attentat multi-blessés, des coopérations avec la Région Occitanie et le Conseil du Département Hérault sur le patrimoine juif médiéval et la lutte contre l’antisémitisme dans les lycées, un grand colloque « Médecine et judaïsme » en 2020 pour les 800 ans de la faculté de médecine en collaboration avec le CHU et la Faculté de médecine.

Mais avancer et réaliser nos projets, entraîne toujours des réticences, des résistances. Il faut « la hache qui brise la mer gelée qui est en nous » (Franz Kafka)

Nous voulons rassembler. Notre communauté parfois se divise et nous avons vécu des moments difficiles de rupture, dont il nous faut savoir sortir. C’est pourquoi nous souhaitons les meilleures relations avec les autres associations juives de Montpellier, qu’elles soient cultuelles ou culturelles.

Je remercie le corps rabbinique pour le travail effectué tout au long de l’année et je l’engage à poursuivre vers l’excellence. Je remercie tous les bénévoles qui, chaque jour et dans une grande discrétion, œuvrent au Bien commun.

En conclusion, le monde progresse. C’est un monde qui a des capacités de développement et de transformation comme nous n’avons jamais vu. 

En 2018 les actes antisémites ont augmenté de 74% en France. Et le phénomène n’est pas qu’hexagonal. 1920-2020 la période hitlérienne est terminée. Le souvenir de la Shoah s’estompe et se banalise. La mémoire disparaît dans la nuit et le brouillard. Simone et Marceline nous ont quittés. L’horreur n’est plus pédagogique. Le monde en oublierait presque les juifs s’il n’y avait encore la réussite exceptionnelle d’Israël…

Face à cette menace,  n’oublions jamais qui nous sommes ! Faisons de notre singularité une armure et nul ne pourra l’utiliser pour nous blesser !

Quels que soient nos désaccords, aux grands moments de notre histoire, nous avons su nous réconcilier pour avancer. Il faut savoir ce qui nous tient, d’où nous venons, ce qui nous lie et ce qui nous permet d’embrasser l’avenir. Le Klal Israël, la communauté des juifs, nous englobe tous dans une communauté de destin et d’appartenance, religieux et non-religieux, en Israël ou en diaspora.

Le recueil de notre mémoire dépasse les frontières de l’Histoire. Des chapitres s’y écrivent encore et c’est à notre tour d’être la plume entre nos mains. Nous allons affronter le futur avec toute la mémoire de notre passé. Et que notre communauté redevienne une communauté premium !

Pour cette nouvelle année 5780, je vous adresse au nom du conseil d’administration de l’ACIM, nos meilleurs vœux de Shana Tova Oumetouka

Merci infiniment 

Hommage à Joseph Bensoussan

Mes chers amis 

La mort d’un père, la mort du père est une perte qui me touche en profondeur.

Celui qui a dirigé notre communauté pendant 20 ans  et l’a portée vers un âge d’or, n’est plus. 

Je veux vous dire toute mon admiration pour Joseph Bensoussan qui a dirigé mais surtout incarné la communauté juive de Montpellier.

Et comment succéder à un grand homme, à un Géant ? Comment gagner une forme de légitimité ? 

Après tous ces magnifiques discours, ces témoignages, je veux vous livrer 3 réflexions personnelles qui me sont venues suite au décès de Joseph Bensoussan :

En fait 3 questions que je lui adresse, que je nous adresse

Qu’est-ce que bâtir ?

Comment se nourrir de l’expérience du passé?
Comment consoler les vivants ?

  1. Bâtir

Joseph Bensoussan a rebâti les liens intracommunautaires cultuels, il a bâti notre foncier, il a bâti des liens avec le monde politique, et il a bâti notre rayonnement culturel

Bâtir c’est organiser l’espace, la définition la plus classique

Mais Bâtir c’est aussi habiter le temps. Et dans le judaïsme le temps est sanctifié. Les horaires de shabbat, le calendrier hébraïque, la journée juive est traversée par le Temps. Au 18ème siècle, Moise Mendelssohn disait que le judaïsme « c’est un agenda »

A tel point que certains disent que le judaïsme est une civilisation du Temps plutôt que de l’Espace.

En Israël il n’y a pas de pyramides, pas de ziggourat ni de palais versaillais.

Pour nous le Temps est Espace, le Temps est une dimension de l’Espace

Permettez-moi d’insérer une histoire racontée par le Grand-Rabbin Haïm Korsia :

Il était une fois un grand Roi qui avait dans la salle du trône une gigantesque et magnifique carte de son royaume, fixée sur le mur face à son trône. Il la montrait à son fils son héritier.  Ceci est mon royaume et sera un jour ton royaume. 

Un jour qu’ils sont tous deux dans la salle du trône, père et fils, le Roi est appelé en urgence et doit partir quelques heures; il laisse son fils seul.  Quand il revient, stupeur, son fils a déchiré  la carte du royaume en petits morceaux. Le Roi est furieux et il ordonne à son fils de reconstituer la carte. Il lui donne  3 heures. Ils sait que c’est très difficile mais il pose la loi à son fils. 

Quand il revient il est stupéfait : son fils a reconstruit la carte du royaume, une carte très complexe. Comment as-tu fait ? Mais papa à l’envers du dessin de la carte il y a le dessin d’un homme et j’ai juste reconstitué le dessin de l’homme du verso. Et je pense qu’un grand Roi doit privilégier l’Homme, c’est à dire son peuple,  car l’Homme est la pierre angulaire du royaume, et le territoire est au service de l’Homme et non l’inverse.

Si nous sommes là aujourd’hui ensemble, c’est que Joseph Bensoussan a habité le temps et l’espace et il a bâti un Temple pour les Hommes.

  • L’expérience du Passé

Ici nous interrogeons la question : que dois-faire ?

Le passé est-il reproductible ? Mais le passé est passé et nous ne pouvons plus en faire l’expérience

Cicéron : Historia magistra vitae : l’histoire est maitresse de vie

Hegel : « l’Histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont rien appris de l’Histoire »

Walter Benjamin : jetzt-Zeit l’à présent: le passé va surgir dans le présent dans une sorte de constellation avec un double mouvement du présent vers le passé et du présent vers le futur avec une dimension messianique et une dimension de rédemption, de sauver le passé, prendre en compte l’histoire des vaincus des opprimés et ne pas faire qu’une histoire des vainqueurs comme Hegel.

Na’hman de Braslav : Ein zikaron ela de alma de até : Souviens-toi de ton futur, dans le sens de : N’oublie pas de donner un futur à ton passé

C’est ce que nous essayons de faire : donner un futur à l’œuvre de Joseph Bensoussan

Il est une leçon : nous ne devons pas devenir les gardiens d’un musée juif de Montpellier,  d’un cabinet de curiosités, mais nous devons perpétrer la construction et la vitalité de la communauté.

  • La consolation :

La consolation est une vieille question chez les hommes.

La religion y répond par le lien social entre les hommes, le lien à Dieu, la vie après la mort, la pratique fervente et la prière.

La philosophie tente aussi d’y répondre par la connaissance et la joie pour Spinoza ou le progrès pour Kant.

Freud montre que le processus de deuil va de l’obscurité vers la lumière. Oui la consolation peut aussi se faire par l’amour, l’amitié, le réseau social,  la culture, l’engagement, l’aide à autrui, le chant, le toucher, la caresse…

Si le 20ème siècle a été le siècle du mythe d’Œdipe, le 21ème siècle semble être celui du mythe de Narcisse.

Les paroles de consolation tournées vers l’égoïsme et le narcissisme « occupe-toi de toi, fais-toi plaisir, fais une thalassothérapie ! », ne fonctionnent pas.

Ce qui est important c’est comment on réenracine quelqu’un dans sa propre existence, dans la capacité à nouveau de se projeter et de pouvoir inventer sa vie.

Alors que dit le médecin dans la consolation ? Le médecin avance que la meilleure consolation est simple : une mise en commun sincère de la peine, l’empathie et s’occuper des autres

Conclusion

Chère Communauté, chère famille Bensoussan, j’espère par ces quelques mots vous avoir un peu consolé.

Je partage votre douleur, mais je partage aussi votre espoir

Nous sommes liés les uns aux autres par une histoire qui nous précède et qui nous engage

Notre histoire nous dépasse, nos Anciens et Joseph Bensoussan en est le symbole, nos Anciens nous obligent 

Dans son autobiographie J Bensoussan termine en écrivant :

Au travers de toutes mes réussites, je pense aussi à l’enseignement de ma mère. Ce qu’elle m’a donné, je l’ai transmis. Car le Bien se perpétue

Que Dieu vous envoie la consolation à toutes et à tous

Que la mémoire de Haïm Joseph Bensoussan soit bénie

Et comme le dit Joseph que le Bien se perpétue !

Amen

Discours du 8 mai 2019

Le 8 mai 1945 un homme était à Schwerin en Allemagne du nord. Après 2 ans à Buchenwald et un mois de marche de la mort, il pesait 50 kg pour 1.80 m. Les rescapés des camps et des marches de la mort erraient dans Schwerin à la recherche de nourriture mais enfin ils étaient libres et protégés par l’armée américaine. Les marches de la mort se sont terminées dans la grande plaine du nord de l’Allemagne, près de la Baltique. Ainsi Simone Veil est partie de Birkenau en Pologne pour finir à Bergen Belsen près de Hambourg et du Danemark, où sa mère est morte du typhus.  Himmler voulait des otages pour négocier. Plus tard les rescapés seront rapatriés sur Paris et ils passeront par l’hôtel Lutetia pour s’enregistrer comme survivants.

Mais comment vivre, survivre et revivre le lendemain…le 9 mai 1945?

Chaque année, cet homme a honoré le 8 mai. C’était le seul jour de l’année où il allait à la synagogue, avec son épouse, ma mère, s’assoir discrètement. J’espère que, mon père est aujourd’hui au rendez-vous avec nous, ici, comme chaque année.

Ma parole aujourd’hui n’est donc qu’une simple continuité de la sienne et elle a surtout pour but d’honorer les millions de frères humains qui auraient tant aimé célébrer cette date avec nous !

Que signifie le 8 mai 1945 ? La fin de la guerre et la fin du massacre de l’humanité en général et de notre peuple en particulier.

Tout ne s’est pas arrêté le 8 mai 45 car les massacres antisémites ont continué en Pologne, le pogrom de Cracovie en aout 1945 un shabbat matin avec incendie de la synagogue, Auschwitz n’est pourtant qu’à 50 km. Puis le pogrom de Kielce du 4 juillet 1946, durant lequel des rescapés de la Shoah sont massacrés par un millier d’ouvriers polonais de l’aciérie voisine.

Ne restons pas judéo-centrés : la guerre a conduit aux massacres des homosexuels, des tziganes, des malades mentaux, des handicapés, des sous-hommes, des Untermenschen…dans une tragique communauté de destin avec les juifs.

La guerre mondiale a conduit à la prise de conscience générale de la folie, de l’Ubris, de la démesure du racisme et de l’antisémitisme.

Il a fallu une tuerie de 60 millions de morts , le conflit le plus meurtrier de l’Histoire de l’humanité pour aboutir  à cette prise de conscience il y a 74 ans.

Le 8 mai  1945 a entraîné la Création de l’ONU et une Europe pacifiée. Enfin la création de l’Etat d’Israël. Pendant la guerre, les juifs ont payé le prix de ne pas avoir de pays. Les israéliens payent le prix d’avoir et de défendre le pays. Encore le week-end dernier.

Mais Israël est un Etat juif avec une identité forte. Curieusement l’Europe lui reproche cette identité forte, alors qu’elle n’a pas su développer une identité européenne, et nous le voyons avec le retour des Etats-Nation.

Je ne parlerai pas au nom des autres peuples, mais pour nous, Se taire est impossible !

Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas !

Un homme politique disait paraphrasant l’apôtre Mathieu: « je pardonne à ceux qui m’ont offensé…mais… je dresse des listes ! »

Alors quelles leçons pouvons-nous tirer de la seconde guerre mondiale?

La première leçon de cette guerre c’est le danger des idéologies. Le danger de vouloir appliquer la Cité de Dieu dans la Cité terrestre au nom de Saint-Augustin. (je ne vais pas vous citer les 22 tomes de la Cité de Dieu de Saint-Augustin dans une synagogue ou c’est un challenge !)

Le nazisme a voulu appliquer une monstruosité, une caricature de Cité d’un Dieu aryen dans le monde réel. A quel prix ? Le seul pays encore dans cette voie est la Corée du nord et probablement l’ex Califat de Daesh.

 La sagesse juive sait distinguer le Olam hazeh ( monde réel) et le Olam habah ( monde à venir). Le monde d’en bas est imparfait et on ne peut pas y appliquer des lois idéales. Ni le Ciel des idées de Platon, ni la pureté des idées. Que la pureté des idées soient politiques ou philosophiques.

Mieux vaut le croyant qui sait qu’il croit, que le croyant qui croit qu’il sait. 

Quand une personne ou une structure pense détenir la vérité, nous sommes en danger. Le Rav Kook, une grande figure de la Torah, disait « Celui qui affirme l’existence de Dieu, sans en douter un seul instant, est un charlatan »

8 mai 1945 – 8 mai 2019. Quels sont les changements ? Ils sont simples : Nous sommes sortis de la période hitlérienne. Les générations ont oublié le 8 mai 45.

Il n’y a plus les grandes idéologies du 20ème siècle. A la place, une parole libérée notamment sur les réseaux sociaux.

Une liberté certes,  mais souvent une parole de haine par laquelle la part civilisée dans l’homme est abaissée, et nous nous retrouvons à nouveau avec la sauvagerie. Nous ne pouvons plus retenir ce qui est sauvage dans l’homme.

Il y a un réensauvagement du monde avec la disparition des corps intermédiaires.

Ce ne seront pas 1000 ouvriers polonais antisémites qui viendront peut-être nous agresser un jour dans cette synagogue mais des gilets jaunes ou des black blocks ou…je ne sais qui…

Est-ce que la paix a trop duré, la paix est-elle trop vieille ? Malheureusement les cycles humains ont besoin d’alternances construction/destruction/reconstruction.

Et nous juifs, sommes trop souvent les victimes de ces soubresauts de l’Histoire.

Mais au fond en chacun de nous  il reste une question: qui va nous sauver ?

Quels hommes ou femmes politiques « passera du texte à l’action » selon la belle formule de Paul Ricoeur ?

S’interroger sur les juifs en tant que groupe minoritaire, nous enseigne sur la construction de la Nation moderne et sur le projet démocratique, sur ses vertus, ses limites et ses dévoiements.

Aussi je remercie nos Elus et tous les représentants des corps institutionnels civils, militaires et religieux, de nous honorer de leur présence à cette célébration.

Le 8 mai est une magnifique victoire de la démocratie sur la barbarie, et pour moi un rendez-vous familial.

Je remercie les délégués du ministère de la Diaspora, Yaël David et Tzvika qui nous feront un exposé sur « L’antisémitisme sur les réseaux sociaux » pendant le repas shabbatique. Yaël propose demain matin à Mazel Tov un atelier sur « L’éducation juive ».

Mes amis après l’office et le Kiddoush, un repas shabbatique pour lequel je remercie Alpha Oméga, Gilles Zitoun, Dany Azoulay et tous les bénévoles qui ont mis la main à la pâte pour le bonheur de notre belle Communauté !

Shabbat Shalom

Discours de Yom HaShoa 2019

Mes Chers Amis

Le 12 avril 1945 à 1 heure du matin un homme est réveillé brutalement au camp de Buchenwald en Allemagne. Il y survit depuis 2 ans. Sur un ordre de Himmler en personne, les SS évacuent les camps avec les derniers déportés, et commencent les Marches de la mort. La sienne va durer un mois. 500 km entre les lignes russes et américaines. Il faut marcher sans cesse. Celui qui tombe est achevé d’une balle dans la tête par les SS. Cet homme a écrit :  

« J’ai marché sur ces routes et dans cette forêt, harassé, affamé, fasciné par les talons de celui qui me précédait, fasciné par l’usure progressive du bois, puis de la toile de ses galoches, fasciné par les chiffons effilochés avec lesquels il entoura ses talons, quand le bois fut usé, fasciné par ses talons qui comme les miens, se décollaient du sable boueux avec de plus en plus de difficultés, et pourtant ce ne fut jamais le même qui me précéda pendant ces 500 km ».

Cet homme s’est évadé de la colonne le 4 mai 1945. Cet homme, c’était mon père. Convoi du 3 septembre 43, matricule 20014. Ou plus exactement « zwanzig tausend vierzehn ». Comme tant d’autres, il marchait et marchait encore, dénutri et ignorant que ses poumons étaient détruits par une tuberculose après 2 ans de camp. L’évoquer avec vous c’est pour moi le faire revivre quelques instants et honorer sa mémoire avec celle de nos 6 millions de frères et sœurs.

« Il ne fallait pas chercher à sauver les autres mais dans cette marche il y a eu un instinct de survie extraordinaire  » témoigne Simone Veil en évoquant la marche de la mort.

Entre janvier et avril 1945 on estime à 300 000 le nombre de déportés tombés dans les Marches de la mort.

Mais le massacre des juifs s’est fait auparavant aussi à marche forcée: « C’était la course forcée pour entrer dans la chambre à gaz de Treblinka. Durant leur marche vers la mort, ils étaient poussés, bousculés, frappés à coup de crosses et de tuyaux à gaz. On lâchait sur eux des chiens qui sautaient sur leurs proies, les mordaient et les déchiquetaient » témoigne Jankiel Wiernik.

Si je vous parle des marches de la mort, c’est qu’aujourd’hui se déroule la marche des Vivants entre Auschwitz et Birkenau. Une marche du souvenir et de l’espoir.

Mais Marcher. Avancer. Marcher. Avancer. Le peuple juif n’a jamais eu d’autres choix que de marcher et d’avancer pour survivre, sauver sa peau, ne pas disparaitre comme tant de civilisations et traverser l’Histoire. Et notre mission pour notre Communauté est du même ordre. La marche de la mort est le miroir tragique de l’Exode dans la Torah, de notre sortie d’Egypte vers le désert du Sinaï. La première va vers l’enfer, la seconde est une libération. La première va vers la nuit, la seconde vers la liberté, vers Canaan, vers Israël. La journaliste Françoise Giroud née Gourdji, dont une partie de la famille a disparu dans la Shoah, disait « Si j’avance je meurs, si je recule je meurs, alors… j’avance »

Au retour en 1945, certains rescapés seront atteint par la culpabilité du survivant ou le syndrome de Lazare : mais pourquoi ai-je survécu quand tant d’autres de ma famille, de mes amis, de mon peuple, sont morts ?

Et Dieu ?

« Si Auschwitz n’a servi à rien, Dieu a fait faillite ; et si nous faisons faillir Dieu, nous ne comprendrons jamais Auschwitz » nous dit  Imre Kertész survivant d’Auschwitz et de Buchenwald et prix Nobel de littérature.

Pourtant le Roi David dans le Psaume 105, nous avait prévenu : « Leur cœur changea jusqu’à prendre le peuple juif en haine« .

J’imagine nos 6 millions de frères et sœurs juifs marchant dorénavant dans le ciel des idées et nous guidant comme autant de lumières.

Mais « Le vent se lève il faut tenter de vivre » écrit Paul Valery dans le cimetière marin

Derrière l’histoire de la shoah c’est la Condition humaine que nous interrogeons.Que l’histoire soit juive ou simplement humaine, notre histoire ne s’arrêtera jamais et nous aurons toujours des épreuves à surmonter. Nous le savons.

Nous sommes liés les uns aux autres par une histoire qui nous précède et qui nous engage 

Alors raviver la mémoire en ce jour de Yom hashoah,  n’a de sens que si on la confronte au présent pour éviter de répéter les mêmes erreurs.

Actuellement il n’y a plus d’endroit sûr au monde pour les juifs

Signe du temps présent et de la fin de la période Hitlérienne, la Revue L’Histoire vient de publier un Hors-série intitulé « l’antisémitisme en France »

Chacun doit s’interroger sur sa propre responsabilité face à cette situation. Et se poser la question :

« Que puis-je faire pour que les français juifs restent vivre en France ? Et qu’ils œuvrent à la permanence du Génie français ? »

Que puis-je faire ?

Yom Hashoa ravive la mémoire pour ouvrir nos yeux sur le monde qui nous entoure et regarder au loin vers nos aspirations.

Ce que résume Bergson dans sa définition de la conscience :

La conscience est un pont tendu entre la mémoire et l’espoir

Je vous remercie de votre attention et vous invite, toutes et tous, à l’office à la synagogue Ben Zakaï à 19h30

Merci